Posté à 18h00
                Marissa Groguhe La Presse             
            Désolé, votre navigateur ne prend pas en charge la vidéo     

Dans le décor agréable du bar Emeraude, avenue du Parc, Rosalie Bonenfant et Renée Beaulieu posent pour les photographes de la Presse. On est mardi matin, il est tôt, mais l’actrice et le réalisateur jouent le jeu. »), mais aussi ravis de parler de leur film, qui sortira le 6 mai. Quelques minutes plus tard, assise à une table avec La Presse pour évoquer son premier rôle dans le film, Rosalie Bonenfant compare le résultat des flashs des photographes si tôt dans la journée avec ce qu’on a dû ressentir en regardant Inès la veille. pareil tôt le matin. “Voir Inès commencer sa journée devrait donner un drôle de ton”, dit-elle en souriant. Regarder Inès à tout moment de la journée est une expérience potentiellement bouleversante. Rosalie Bonenfant dit avoir pleuré en lisant le scénario pour la première fois, ainsi qu’en voyant le produit final, qu’elle a trouvé “tellement émouvant”. Au premier contact avec l’histoire imaginée par Renée Beaulieu, non seulement elle a été renversée. Elle a aussi tout de suite su que ce rôle était pour elle. Ce travail nous oblige à nous présenter pour convaincre quelqu’un de nous choisir. Mais quand je lis l’analyse [version détaillée du scénario] pour Inès, je me suis dit que je ne pouvais pas aller à l’audition pour la persuader de penser que j’allais bien. Je devais aller lui montrer pourquoi elle voulait travailler avec moi. Rosalie Bonenfant Rosalie a été la dernière entendue et Renée Beaulieu a tout de suite compris que ce serait sa Inès, raconte la réalisatrice. PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Directrice Renée Beaulieu Il est arrivé avec une si grande vulnérabilité, une si grande authenticité. Il a cette capacité à se rendre au-delà des peurs, au-delà du ridicule. Renée Beaulieu

Avoir 20 ans

Pendant le tournage, la réalisatrice a “entièrement fait confiance” à son actrice pour s’immerger dans le rôle. “Renée m’a dit très tôt qu’elle ne ferait pas de moi une mère”, raconte Rosalie Bonenfant. Il m’a dit que c’était quelque chose que je devais vivre seul. » Eh bien, Rosalie a plongé dans Ines. “Il y avait un parallèle entre ce qu’elle a vu et ce moment de ma vie”, a-t-elle ajouté. C’est une histoire d’adulte, et pour moi aussi. C’était mon plus grand rêve devenu réalité, j’avais 23 ans, je n’étais pas si loin d’Inès. Il y a une intériorité que je partage avec elle, une grande vulnérabilité que je ne montre pas souvent. Le chemin émotionnel était à une valve près d’être accessible. » PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Rosalie Bonenfant Inès vient d’avoir 20 ans. Sa mère est vivante, mais un fait l’a rendue incapable de communiquer. Avec son père (interprété par Roy Dupuis), la relation se confond, comme si elle était restée dans la scène quand Inès avait 10 ans et que la tête de sa mère a quitté son corps. Devenue adulte, la jeune femme cherche qui elle est. Addiction, sexe, manque de sommeil, maladie mentale sont un cocktail dévastateur qui conduira Inès à l’effondrement. “Dans mon environnement, les gens ont vécu cette transition assez durement. Je pense que c’est une période difficile depuis le début. “Mais si on ajoute des problèmes de santé mentale, on rentre dans un état de grand déséquilibre”, déplore Renée Beaulieu.

Descente aux enfers

“Il y a une sorte de trou vide chez Inès, mais il ne sait pas forcément pourquoi”, observe Rosalie Bonenfant. Il cherche quelque chose à quoi s’accrocher, mais ce n’est rien. C’est tellement pénible en soi qu’il ne faut pas chercher à le concevoir. » “Tout se fait dans les yeux, il n’y a pas beaucoup de dialogue”, a-t-il ajouté. En effet, Renée Beaulieu dépeint la douleur d’Inès principalement par l’image, filmant très soigneusement son personnage. La caméra avait deux plans : derrière ou devant, et c’est tout. Parce que ce n’est pas une histoire objective, je ne dis pas que les filles de 20 ans la vivent en général. Je veux parler de la maladie mentale que nous ne voyons pas. Nous sommes donc coincés dessus pour le vivre avec elle. Renée Beaulieu OFFRE PHOTO DE FILMOPTION INTERNATIONAL Scène du film Inès L’interprétation de cette “descente aux enfers”, telle que la décrit Renée Beaulieu, demande à Rosalie Bonenfant d’y laisser un peu d’elle-même. A ce jour, après plus de deux ans, je ne sais toujours pas si j’ai joué. Je sens que j’ai vécu. Rosalie Bonenfant “Peut-être parce que je n’ai pas forcément une formation d’acteur”, ajoute-t-il en riant. Je n’ai pas appris à inventer une émotion. Je n’avais d’autre choix que de trouver mes propres sentiments et de les prêter à Inès. » Après l’une des scènes les plus séduisantes, se souvient-elle, lorsqu’elle est rentrée chez elle, son corps n’était pas encore sorti de l’état dans lequel elle avait plongé pendant le tournage. “Je me suis démaquillée, je suis allée aux toilettes, j’ai mis mon pyjama. Quand je me suis assis sur mon lit, mes mains tremblaient et mes yeux pleuraient. Je ne pleurais pas, mais quelque chose était arrivé à mon corps et cela ne s’est pas arrêté immédiatement. Je n’étais pas bouleversé, mais je me suis dit qu’il s’était vraiment passé quelque chose. »

acteur et pas seulement

Rosalie Bonenfant est comédienne, mais elle est aussi écrivain, animatrice télé et radio, chroniqueuse, scénariste, parolière. Entre son livre L’époque où j’ai écrit un livre, son rôle dans l’animation de Deux hommes en or et Rosalie ou encore sa propre émission C’est quoi l’trip ?, parmi tant d’autres oeuvres, Rosalie Bonenfant ne pouvait quitter le jeu pour obtenir tous les place qu’elle veut dans sa vie. « [Être actrice], c’est ce que j’ai toujours voulu faire, dit-il. Je n’ai jamais cessé de vouloir faire ça. J’ai même l’impression que ça colore ma gratitude par rapport à mes contrats ces dernières années, parce que je trouvais ça tellement amusant, que j’en suis vraiment reconnaissante, mais ce n’est pas ça, mon destin, après tout. Ce n’est pas ce que je veux faire de plus. “Prête à tout tenter, elle s’est laissée emporter par les opportunités, alors qu’elle avait peur qu’on oublie que sa passion, son but, c’est le jeu. Inès est donc un tournant pour l’actrice de 25 ans, qui montera cette année sur les planches de La Corriveau, puis partira tourner un autre film en France. Son visage sur l’affiche est la meilleure façon de se présenter. “Ça passera ou ça cassera. Soit le film sortira et les gens diront : “Oh boy, on comprend pourquoi cette fille raconte une histoire…” soit ils diront “Wow, c’est une super carte de visite !” Dit-il, avec ce ton farceur qu’il a souvent tout au long de notre conversation. Quoi qu’il en soit, ajoute-t-il, « ce film est un vrai tour de force et [elle a] J’ai hâte de le voir.” Inès sera présentée en première ce jeudi dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma cinéma, puis dans toutes les salles à partir du 6 mai.