Face à ces actes de vandalisme, à la multiplication des cyberattaques et à l’augmentation inéluctable des échanges de données, Internet risque-t-il de s’effondrer ? Nous répondons à cinq questions.

1. Sabotage de la fibre optique : que s’est-il passé ?

Une enquête préliminaire a été ouverte mercredi 27 avril 2022, à la suite d’un vandalisme sans précédent du réseau français de fibre optique, qui a entraîné des ralentissements et des coupures d’accès à Internet dans plusieurs grandes villes, dont Grenoble, Besançon, Ramsay et Reims. En fin de journée, mercredi, le site Zone ADSL avait recensé 9.741 pannes sur l’Internet fixe en France au cours des dernières 24 heures, gênant principalement les clients de Free et dans une moindre mesure SFR. “Nous avions environ 100 000 abonnés concernés par ces coupures, principalement dans l’est de la France, Strasbourg, Gravelines et Reims. On a pu rétablir le service au bout de quatre, cinq heures”, a déclaré ce jeudi 28 avril le directeur général d’Iliad, la maison mère de l’opérateur Free, au micro d’Europe 1. “Dans la nuit de mardi à mercredi à 3 heures du matin, notre centrale de surveillance a été prévenue de coupures simultanées de la fibre optique qui touchaient non seulement Free, mais aussi deux autres opérateurs”, a-t-il encore précisé. “Nos équipes ont réagi très rapidement” pour “réparer ces coupures et rétablir le service”.

2. Internet est-il vulnérable ?

En mars 2020, des câbles de télécommunications avaient déjà été délibérément coupés en Île-de-France, Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), privant temporairement des dizaines de milliers d’abonnés Orange tandis que des centres de données voyaient le activités perturbées. Ces actes de vandalisme et la multiplication des cyberattaques révèlent-ils la fragilité d’Internet ? “La structure même d’Internet est d’avoir quelques nœuds centraux et de passer par différents chemins pour la transmission des informations”, explique Pierre-Yves Jolivet, vice-président des solutions de cyberdéfense chez Thales, qui pointe la “résilience” de l’Internet. “C’est un réseau mis en place pour résister à différentes attaques”, dit-il. “Si on coupe un petit bout de toile d’araignée qu’est le web, le reste du web est toujours là”, explique Nicolas Planson, directeur d’Atos Digital Security. Cet expert en cybersécurité estime que des vulnérabilités existent probablement chez les internautes. « Le risque, c’est plutôt la mauvaise utilisation d’Internet : confier toutes nos données à des opérateurs de cloud, n’est-ce pas le risque ? il demande.

3. La cybersécurité, la clé du problème ?

“Notre société est devenue dépendante des systèmes de fibre optique et des infrastructures de télécommunications, et cela montre à quel point la cybersécurité est importante”, a déclaré Pierre-Yves Jolivet, expert en cybersécurité chez Thalès. La cyberinformatique dans les entreprises depuis la crise du Covid-19. ” Selon lui, depuis 2020, les cyberattaques ont quadruplé. “Une compagnie aérienne s’attaquant à sa tour de contrôle paralyserait le trafic”, estime Nicolas Planson d’Atos, qui vend à ces clients, notamment aux entreprises de transport, “des appareils qui permettent une bonne sécurité informatique aux entreprises”, et qui opère aussi dans la cybersécurité, afin pour « restaurer le système après une attaque dans un délai raisonnable ».

4. Peut-on assister à un black-out mondial ?

“Il n’y aura pas de coupure de courant mondiale”, a déclaré le cyber-expert. “S’il s’agissait d’une intervention humaine, cela nécessiterait une logistique quasi-militaire, qui pourrait par la même occasion couper les connexions internationales”, a déclaré Nicolas Planson. “D’autre part, un groupe de pirates est capable de paralyser les organisations qui sont des consommateurs de réseau.” En 2015, un chercheur de la Royal Society, l’équivalent de l’Académie des sciences du Royaume-Uni, prédisait l’effondrement d’Internet en 2023, prédisant une explosion de la capacité du réseau. Les plus notables sont les datacenters, ces immenses centres de stockage de données qui circulent sur le Web. Chez Thalès, qui compte de nombreux data centers, « l’efficacité énergétique » est au cœur des travaux, précise Pierre-Yves Jolivet. “Tant que les gens pourront mettre des machines dans des centres de données, Internet continuera à se développer”, acquiesce Nicolas Planson. “Les data centers sont dépendants du climat”, déclare le directeur technique de La Quadrature du Net

, association de promotion et de défense des libertés fondamentales dans l’environnement numérique. Les centres de données sont équipés de très gros systèmes de climatisation, qui consomment beaucoup d’électricité. “Ils n’ont peut-être pas été conçus pour fonctionner en cas de forte canicule et ont été coupés ou ralentis”, précise l’expert de La Quadrature du Net.

  1. Que peuvent faire les citoyens à leur niveau ? “Le plus gros défi est de faire attention au phishing”, précise Pierre-Yves Jolivet, évoquant ces techniques frauduleuses visant à inciter l’internaute à divulguer des informations personnelles (mots de passe, mots de passe, etc.) et/ou bancaires de comptes se faisant passer pour un tiers de confiance. Par conséquent, il encourage les gens à “surveiller leurs mots de passe”. Pour La Quadrature du Net, qui œuvre pour un Internet libre, décentralisé et émancipateur, les citoyens peuvent devenir acteurs. “Pour réduire l’impact des datacenters, les particuliers peuvent héberger des données chez eux”, explique son directeur technique, citant le Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATON), qui permet aux particuliers et aux petites entreprises de devenir petites. centres de données. Qui préfère rester anonyme. Panne Internet. Cinq questions à se poser après avoir coupé des câbles à fibre optique Zoom