“Je pense que nous avons trouvé le parfait équilibre pour la situation que nous avons vue en cours de route”, a déclaré Hélène David dans une interview accordée à ICI Première dans l’émission Tout un matin de mercredi. […] Une partie importante des autres étudiants ne connaissent pas assez le français, alors commençons par améliorer notre connaissance du français avec des cours de français supplémentaires. Le Parti libéral du Québec (PLQ) veut la même chose [que le gouvernement]Nous voulons une meilleure connaissance de la langue française que tous nos citoyens anglophones, a déclaré la députée Marguerite-Bourgeoys, un message qu’elle a transmis à Simon Jolin-Barrette. Le ministre a accepté de s’inspirer d’un compromis proposé par les libéraux pour amender la loi qui respecte la langue officielle et commune du Québec, le français, qu’il soumettra prochainement à l’Assemblée nationale. Hélène David reconnaît que ce changement entraînera une réorganisation des cours de français et que davantage de cours de français au CEGEP seront offerts. Il faut embaucher beaucoup plus de professeurs de français, c’est clair, prédit-il. “Cela nécessitera des changements dans le nombre d’enseignants qui enseignent soit le français, soit l’anglais. » – Extrait de Hélène David, porte-parole de l’opposition officielle pour la protection de la langue française La députée libérale se dit convaincue que le compromis accepté par le gouvernement de François Legault devrait apaiser une grande partie du ressentiment, car les parents étaient très inquiets pour leurs enfants. Mme David précise que le Test de français unifié s’adresse aux francophones et non francophones du primaire et du secondaire, c’est-à-dire à tous ceux […] sous réserve de la loi 101. Les bénéficiaires, c’est-à-dire ceux qui ont suivi les cours d’enseignement primaire et secondaire en anglais, passent le test d’anglais unifié correspondant. Et, tant au cégep français qu’anglais, les élèves suivent des cours pour parfaire leur connaissance de l’une ou l’autre des langues officielles du pays. Ils sont placés dans l’ordre approprié à leur niveau et sont évalués en fonction de ce niveau, a précisé Mme David. Donc c’est juste et c’est juste.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les enseignants

L’amendement à la loi change la donne pour les étudiants qui n’ont pas le niveau de français suffisant pour réussir les cours en français, confirme Diane Gauvin, directrice générale du Collège Dawson, en entrevue avec First. info, pour RDI, mercredi. Dans plusieurs cours complexes, il faut s’assurer que les élèves comprennent ce qu’on leur enseigne en français. S’ils perdent la moitié de ce que dit l’enseignant, cela peut mener à l’échec, explique Mme Gauvin. Pour les enseignants travaillant au cégep anglais, il y a un risque de perte d’emploi, car il faudra embaucher des enseignants de français. À Dawson, ce n’est pas une bonne nouvelle pour les enseignants, confirme Gauvin. Le compte 96 n’est que le début, a-t-il dit. La manière dont il sera mis en œuvre relève de la responsabilité du ministère de l’Enseignement supérieur et nous aurons des discussions avec ses membres. De plus, le directeur général de l’établissement anglophone de Montréal doute que ces changements majeurs puissent entrer en vigueur en 2023, comme Québec l’a prévu. Elle dit que 98 programmes devront être modifiés dans son établissement pour répondre à ces nouvelles exigences.

Commencez plus tôt

Au cégep, les anglophones ont toujours eu deux cours de langue seconde [en français] et seront maintenus, précise Mme Gauvin. Selon la loi 96 amendée, des cours de français supplémentaires seront dispensés à ceux qui en ont besoin. Cela dit, pour pouvoir travailler en français sur le marché du travail, ils doivent commencer à apprendre la langue beaucoup plus tôt dans leur parcours scolaire, explique Diane Gauvin. Nous sommes très disposés à leur offrir ces cours de français, dit-il, mais nous ne pouvons pas, dans deux ans [de cégep]ils améliorent leur français de façon si radicale.

Comment rendre le français sexy ?

L’ajout de trois cours de français à un cours de deux ans au collégial ne peut se faire qu’au détriment d’autres cours, à moins que la durée du cours ne soit prolongée, note Julie Gagné, enseignante de langue seconde au Collège. Vanier, en entrevue avec Midi info à l’ICI Première. Sur place, d’un point de vue syndical, comment va-t-on réussir à orchestrer tout cela ? À la fin du cours collégial, les élèves ont un niveau de français variable selon qu’ils ont suivi des cours d’initiation ou de perfectionnement, note Mme Gagné. Les deux cours actuellement offerts aux anglophones au cégep sont un déclic, dit-elle, et ouvrent des portes à la culture québécoise. Cependant, lors d’une session qui comprend 45 heures de français et une classe de 40 élèves, il n’est pas toujours possible de laisser parler tout le monde. L’enseignante dit avoir du mal à faire sortir le français de la classe et à en faire un véritable enjeu de société. Selon Julie Gagné, au Québec, lorsqu’un passant qui demande des instructions en français est rejeté parce qu’il ne parle pas assez bien, un pont se brise et une main tendue est repoussée. C’est, dit-il, une occasion manquée de partager cette langue qu’est le français dans une relation honnête et égalitaire avec l’autre. Une réflexion collective doit être menée, dit-il. Que peut-on faire pour rendre le français français sexy ? Comment faire en sorte que cette langue, nous n’ayons pas toujours peur de disparaître ?