En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considérait ce scepticisme à l’égard de la vaccination comme l’un des Les 10 menaces les plus importantes pour la santé mondiale tandis que les vaccins constituent l’une des avancées majeures de la santé publique.
Baisse mondiale de la vaccination
La réticence ou le refus de vacciner malgré la disponibilité des vaccins menace d’annuler les progrès réalisés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination. La vaccination est l’un des moyens les plus économiques de prévenir la maladie : Il prévient actuellement 2 à 3 millions de décès par an et 1,5 million de décès supplémentaires pourraient ne pas se produire si la couverture vaccinale mondiale est améliorée. Les raisons pour lesquelles les gens choisissent de ne pas se faire vacciner sont complexes. Une équipe consultative de l’OMS a identifié l’excès d’optimisme (une maladie dont on pense avoir été éliminée ou dont on est protégé), la difficulté d’accéder aux vaccins et le manque de confiance comme principales raisons d’hésitation.
Retour de la rougeole
Les cas de rougeole, par exemple, ont augmenté de 79% au cours des deux premiers mois de 2022 selon le dernier rapport de l’OMS et de l’UNICEF. Les raisons de cette augmentation sont complexes et tous ces cas ne sont pas dus à une hésitation à la vaccination. Cependant, certains pays qui étaient sur le point d’éradiquer la maladie ont connu une recrudescence des cas. Ainsi, en 2019, l’Albanie, la Grèce, le Royaume-Uni et la République tchèque, qui avaient éliminé la rougeole, ont vu la maladie réapparaître. Les pays pauvres sont également touchés par la baisse de la vaccination, mais pour des raisons différentes. Selon l’UNICEF, 1 enfant sur 4 n’est pas vacciné en Amérique latine. Avant la pandémie, il y avait déjà une réduction de la couverture vaccinale. La perturbation des services de santé de base et la crainte d’une infection au COVID-19 sur un site de vaccination ont exacerbé la situation et laissé de nombreux enfants sans même les vaccins les plus élémentaires. Après la pandémie, plus d’un tiers des pays (37%) signalé des interruptions ou des retards dans leurs campagnes de vaccination habituelles. Plus de la moitié des 50 pays touchés par ces retards se trouvent en Afrique, exposant 228 millions de personnes à des maladies dangereuses.
Une recrudescence de la maladie
La non-vaccination des enfants a des conséquences directes importantes sur le retour de certaines maladies. Entre 2015 et 2020, dans la région Amérique latine et Caraïbes, le programme complet de vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3) est passé de 90 % à 76 %. Alors que seulement 5 cas de diphtérie ont été signalés dans la région en 2013, ce nombre est passé à 900 en 2018. Pour la rougeole, le nombre de cas est passé de 500 à 23 000 sur la même période. En 2019, la République démocratique du Congo, les Samoa et l’Ukraine ont contracté la rougeole, qui a entraîné la mort de nombreux enfants. L’OMS et l’UNICEF, en coopération avec les pays concernés, ont dû faire face à une épidémie de rougeole sur trois continents différents qui aurait pu être évitée par la vaccination.
Prévention et amélioration de la couverture vaccinale
Différentes organisations travaillent avec les pays partenaires pour atteindre ses objectifs Programme mondial de vaccination 2030 et contribuer ainsi à réduire de moitié le nombre d’enfants qui n’ont reçu aucun vaccin, à augmenter l’utilisation de nouveaux vaccins salvateurs et à offrir un accès de plus en plus juste à la vaccination. « Pour sauver des vies, nous devons veiller à ce que chacun puisse bénéficier des vaccins, ce qui signifie investir dans les vaccins et les soins de santé de qualité auxquels chacun a droit », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. La mise en place d’une couverture vaccinale complète pour tous, sans discrimination, permettra également de progresser Objectifs de développement durable et notamment les Objectifs 3 (bonne santé et bien-être), 5 (égalité femmes-hommes) et 10 (inégalités réduites). Se faire vacciner, ce n’est pas seulement se protéger mais surtout protéger les autres. Plus d’information Vaccination hors COVID : baisse globale due à la pandémie