Mais les partis politiques, en tant qu’institutions vivantes, évoluent avec le temps, poursuit Charest, selon lequel chaque chef marque le parti. Le PCC a également continué d’évoluer [sous Erin O’Toole] et je le prendrai tel quel quand je deviendrai un leader, a-t-il dit. M. Charest affirme également défendre les mêmes idées dans l’ouest du pays, où se situe la base électorale du parti, comme au Québec, province qu’il a dirigée de 2003 à 2012. “Ce que je propose, après tout ce que j’ai vécu en politique, ce sont des choses auxquelles je crois profondément. Par conséquent, il n’est pas vrai que je vais faire des choses ou dire des choses juste pour essayer de plaire. » – Extrait de Jean Charest, candidat à la direction du PCC En entrevue le 21 janvier 2020, Jean Charest a confirmé à Patrice Roy qu’il avait bien réfléchi à se lancer dans la course pour succéder à Andrew Scheer. Cependant, il avait décidé de ne pas courir. Le parti a beaucoup changé depuis 1998, a-t-il expliqué. Pour moi, il y a des sujets sur lesquels j’ai bien sûr des principes, comme l’environnement, mais aussi des sujets de société sur lesquels j’ai pris position. Deux ans plus tard, l’ancien premier ministre du Québec est officiellement en lice. Il est actuellement l’un des six candidats certifiés CCP avec Pierre Poilievre, Leslyn Lewis, Patrick Brown, Roman Baber et Scott Aitchison. Au moins cinq autres candidats se sont également qualifiés pour la première étape du 19 avril, à savoir Marc Dalton, Leona Alleslev, Joseph Bourgault, Grant Abraham et Joël Etienne. Ils ont jusqu’à vendredi pour récolter les 500 signatures et 300 000 dollars nécessaires pour certifier leur candidature.

Le recrutement, où tout est en jeu

Bien que Pierre Poilievre soit généralement qualifié de « favori », Jean Charest rappelle que les députés du Parti conservateur qui voteront par correspondance cet été s’exprimeront par un vote privilégié et souligne que, lors des deux dernières directions, en 2017 et 2020 , le chef a perdu. Lors du dernier match, Peter MacKay avait vendu 30 000 cartes, [Erin] O’Toole 20 000, Leslyn Lewis 10 000 et autres [Derek Sloan] 10 000, se souvient-il. Tout le jeu se jouera avec ce mécanisme : cette logique du scrutin privilégié, où il y a une première, une deuxième, une troisième option. Selon Jean Charest, tout est question de recrutement. Et dans les grandes campagnes qui ont lieu, Poilievre rallie. Leslyn Lewis fait des églises. Patrick Brown crée des communautés culturelles et le fait en privé […]; et la terre, et je suis satisfait », a-t-il déclaré. Jean Charest défend sa politique environnementale. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Remplacer « taxe carbone » par « échange de carbone »

Sur le fond, c’est Jean Charest qui a défendu jeudi sa politique environnementale, dans laquelle il proposait principalement l’abolition de la taxe libérale sur le carbone. Ce que je dis, c’est qu’il y aura un prix sur le charbon, il y aura un prix sur le charbon, mais sur les gros émetteurs, c’est exactement ce qu’on a et ce que j’ai fait, au Québec, avec le système qu’on a mis en place place avec la Californie, l’échange de charbon, at-il expliqué. Il n’y a pas de taxe à la consommation au Québec, a rappelé M. Charest, mais plutôt une taxe sur les grands spectacles. Donc, ce que je suggère, c’est une approche similaire au niveau canadien. Les derniers rapports du commissaire fédéral à l’environnement, soumis mardi, confirment également que davantage doit être fait pour les principaux émetteurs, a-t-il ajouté.

Pour la relance du projet Québec LNG

En ce qui a trait à la construction de pipelines, M. Charest affirme, comme son principal adversaire, que [respecterait] les compétences des provinces qui s’y opposent. Cela dit, la guerre en Ukraine, qui a révélé la dépendance de l’Europe vis-à-vis des hydrocarbures russes, a changé la donne, a-t-il déclaré. Prenons un projet comme GNL Québec au Saguenay. […] Il y a cependant un cadre qui a changé, qui est différent de ce qu’on avait au moment des décisions, dit M. Charest en évoquant le rejet du projet par le gouvernement Legault l’été dernier. Et c’est toujours difficile d’entendre les nouvelles tous les soirs à Radio Canada, [et] “Nous devrions voir les Européens financer indirectement les Russes pour envahir l’Ukraine en achetant leur gaz et leur pétrole, alors que nous pourrions être un fournisseur moral de ce marché”, a-t-il déclaré. Le Canada devra également tirer d’autres leçons de la guerre en Ukraine, selon Jean Charest, qui regrette que le Canada ait abandonné son investissement dans la défense nationale en matière de souveraineté. Il propose notamment la construction de deux bases militaires dans l’Arctique, dont un port en eau profonde, pour se protéger de la Russie voisine.