FRANCE 2 – JEUDI 28 AVRIL A 23H05 – DOCUMENTAIRE
Après l’émission “Sept à Huit” de TF1, diffusée le 12 décembre, c’est au tour de “Complément d’Enquête”, sur France 2, de proposer un documentaire sur Patrick Poivre d’Arvor, accusé de violences sexuelles. vingt-sept femmes et ciblent plus d’une dizaine de plaintes, dont certaines pour viol.
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Au lieu de privilégier les dires des plaignants, comme l’avait fait la première page d’enquête menée par Romain Verley, Manon Descoubès et Mikaël Bozo, le PPDA, la chute d’un intact, tente de faire coïncider les deux camps avec cette chute de janvier. imprègnent ce mystère sur lequel reposent tant de références à divers événements. Comment une icône adulé par le public, présentée aux objectifs des caméras de télévision et des caméscopes, pourrait-elle simultanément être suspectée d’être un prédateur sexuel ?
Témoignage inédit
Utilisant “je”, le co-auteur de ce documentaire vante son avantage concurrentiel : en tant qu’ancien reporter de TF1, Romain Verley a travaillé avec le présentateur, a continué avec les mêmes collaborateurs, a gardé la mémoire du bureau de la star. Le journaliste a eu accès à des photos jamais publiées dans la presse (prises lors de la soirée d’adieu de l’animatrice en 2008). Il sortit les listes de l’époque et appela des vieux, et vieux, collègues à qui le souvenir aurait pu revenir (ce n’est pas le cas). Elle contacte l’un des deux assistants du PPDA, qui s’était tenu à l’écart des révélations faites par la plainte initiale de Florence Porcel, et l’enregistre à son insu (« Je n’ai rien à dire »).
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Parallèlement à un retour sur ses exploits (longévité dans l’air, audience écrasante) et arbitraire (recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire Botton, faux entretien avec Fidel Castro, plagiat littéraire), Romain Verley écoute les femmes divorcées de Poivre : Frédérique Lantieri, l’ancienne présentatrice de “Faire venir l’accusé” (France 2), qui a rejeté ses propositions. Catherine Lambret, l’ancienne directrice de l’Institut pratique du journalisme (IPJ), qui a prévenu du danger que ses élèves se présentent, n’a envoyé “que des garçons” à TF1. une stagiaire de Radio Classique dont le témoignage est inédit a fait d’énormes progrès en 2015. Des femmes qui ont accepté de se raconter ouvertement dans Libération apparaissent à travers des extraits de la vie quotidienne.
Deux anciens journalistes vedettes montrent enfin avec leurs propos divergents l’oscillation permanente – dont ce film n’est pas totalement exclu – entre le charme du PPDA qui lui a si longtemps servi de manteau d’immunité, et l’aversion du personnage. inspire désormais. La première, Michèle Cotta, l’ancienne directrice de l’information de TF1, semble toujours à la fois pleine d’admiration pour le journaliste et aveugle pour l’agresseur présumé. La seconde, Christine Ockrent, reine de la rivale du “20 Heures” (celle d’Antenne 2, devenue France 2) lorsqu’il était monarque absolu du JT sur TF1, fait preuve d’une grande sauvagerie envers son alter ego supranarcotique des années 1980. .
PPDA, la chute des intacts, une étude de Romain Verley, Manon Descoubès et Mikaël Bozo – Dreamway Productions (Fr., 2022, 75 minutes) dans “Supplément à la Recherche”, sur France 2.
Odd Dassonville