Alors que Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI) sont arrivés en haut à gauche, deux lignes vont à l’encontre du PS : il faut suivre LFI et s’y unir pour les législatives, quitte à abandonner certains points programmatiques ; le parti ou, à l’inverse, pour affirmer sa différence avec cette partie de la gauche et tenter de convaincre les électeurs sur le terrain ? Les négociations en cours entre les dirigeants des deux partis montrent que la première option est privilégiée. Au micro de franceinfo jeudi 28 avril, François Hollande, le dernier président socialiste, a pourtant fait part de son opposition à l’accord avec le parti de Jean-Luc Melanson. A ses yeux, tel qu’il se déroule, cela signifierait qu’il n’y aurait dans la plupart des cas que des “candidats uniques de l’Union populaire”, le rassemblement de la Mélancolie, ce qui signifierait que dans les trois quarts des circonscriptions il n’y aurait plus de candidat socialiste en au premier tour Ni, d’ailleurs, un candidat écologiste ou communiste. » Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les élections législatives, poison de la division au Parti socialiste

« La discussion est nécessaire, la disparition est impossible »

Pour lui, “jamais, dans l’histoire de la gauche, il n’y a eu un tel comportement” et un tel accord serait “inacceptable au regard de ce qu’il représente électoralement”. S’il est accepté, “les dirigeants du Parti socialiste auraient décidé de disparaître”, a-t-il confirmé, et “si les ‘révolutionnaires’ ne veulent pas laisser de place à leurs partenaires, je ne comprends pas pourquoi ces partenaires voudraient être sacrifié.” . “Ce n’est pas un débat polémique, c’est une disparition. La discussion est nécessaire. “La disparition est impossible”, a-t-il admis. Enfin, “en l’état actuel des négociations”, le prochain gouvernement [s’il était dirigé par LFI] ils seraient amenés à remettre en cause les traités européens, à leur désobéir (…), à sortir de l’OTAN, ils n’aideraient plus les Ukrainiens en leur fournissant du matériel militaire », cela porterait la retraite à 60 ans alors que « tout le monde sait que cela est financièrement impossible », a-t-il dit. Son analyse est partagée par Stéphane Le Foll, l’un de ses fidèles lieutenants et ancien ministre durant son mandat. Invité au petit-déjeuner d’Europe 1 jeudi, ce dernier s’est également plaint d’un “intérêt du dispositif à court terme”. Pour lui, le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) serviront de tremplin pour le LFI. “C’est le plus gros bénéfice possible, à savoir le soutien du PS, des Verts aux candidats de La France insoumize en échange de quelques circonscriptions (…). Je l’annonce ce matin à l’avance, ce sera entre quinze et vingt circonscriptions, c’est-à-dire moins que celles encore représentées aujourd’hui par les socialistes. » L’ancien ministre a également limogé Olivier For, désormais premier secrétaire du PS. “La stratégie d’Olivier Faure est de sécuriser ces quinze à vingt circonscriptions dans lesquelles, j’imagine, il y aura la sienne (…). Au lieu de rester à l’écart pour aller chercher ces députés, je le dis depuis cinq ans, on aurait dû dire le contraire. »

Olivier Faure insiste pour défendre une approche LFI

Dans un entretien au Figaro et également publié ce jeudi, le premier secrétaire du PS défend cette approche avec LFI contre les barques du PS. “Je vois bien que tous les anciens éléphants sont sortis… pas toujours pour aider la gauche à gagner”, se plaint-il. J’ai peur qu’ils n’écoutent pas le mouvement qui émerge du plus profond de la société française, qui ne demande pas de fragmentation mais d’unification. » Côté LFI, l’idée est de discuter du programme de Jean-Luc Mélenchon, comme nous l’a rappelé Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne. Lire aussi : L’article est destiné à nos abonnés dans Législatives 2022 : à gauche, les négociations en mauvaise information
“Nous avons eu des discussions sur le programme. On commence par le programme de L’avenir en commun puisque je crois que les sondages ont clairement tranché sur cette question. Nous partons donc de ce programme et travaillons avec les différentes forces politiques. » Il affirme qu’il rejette “l’union de la gauche” en faveur d’un gouvernement d’union. “Nous voulons gouverner ensemble. Nous voulons un gouvernement de l’Union populaire. Cela signifie que nous devons nous mettre d’accord sur un certain nombre de points : sur la question de la retraite à 60 ans, sur la question du manquement aux circonstances si elles ne nous permettent pas de poursuivre la politique pour laquelle nous avons été élus, sur la question du minimum salaire à 1 400 euros, le gel des prix de l’essence etc. “, a affirmé Mme Panot. Le monde