Posté à 18h38
William Thériault La Presse
Olivier Grondin, alors âgé de 22 ans, a déploré avoir été victime de “nombreux cauchemars, crises de panique et vomissements, en plus d’un sentiment général d’anxiété” dans les jours et les semaines qui ont suivi les événements décrits dans sa poursuite. Le 26 avril 2012, un étudiant en littérature de l’UQAM a déclaré avoir participé à une manifestation au cours de laquelle des agents du Service de police de la Villa Montréal (SPVM) « ont dispersé des gaz irritants à l’aide de missiles explosifs ». Un groupe de policiers l’aurait frappé directement avec la pointe de leurs battes après qu’il ait tenté plusieurs manœuvres de dispersion, dit-il. M. Grondin, qui a participé à une centaine de manifestations étudiantes, selon le document judiciaire, aurait réagi en demandant aux casques bleus leurs matricule. Auquel d’entre eux aurait-il répondu « Démantelez votre camp ou je vous arrête ». Depuis sa déposition, l’étudiant a continué à demander les numéros des services de police. Devant ce poteau, il “a reçu un coup de pied directement au côté droit, ainsi qu’une série de coups de batte et de coups de pied qui lui ont atteint le dos, les bras et la tête”, selon le procureur.
Numéro 728
Le 20 mai 2012, encore une fois lors d’une manifestation au Printemps Érable, Olivier Grondin dit avoir été aspergé de poivre de Cayenne par la policière Stéfanie Trudeau. Le document du procureur explique que ce dernier « a saisi son spray au poivre et l’a déchargé, visant directement [le visage du jeune homme] moins d’un mètre et sans préavis ». L’étudiant venait de voir le policier fermer le chemin puis “repousser violemment” une jeune femme qui lui disait vouloir traverser pour rentrer chez lui, a-t-il précisé. Il criait pour attirer l’attention de Stéfanie Trudeau, dont la main “s’est précipitée pour frapper la jeune femme”. “Si tu veux crier, je peux le manger”, a déclaré Olivier Grondin à l’employé du SPVM après s’être frappé “violemment” au visage à deux reprises. C’est alors qu’il a été pris pour cible. Certains de ces événements peuvent également être vus dans une vidéo YouTube qui a recueilli près de 800 000 vues. Cette vidéo “a été diffusée pour démontrer les violences policières et commenter les nombreuses évasions judiciaires et médiatiques du policier Trinto”, souligne le document officiel. Cette poursuite, dans laquelle Grodin demande réparation à la Ville de Montréal, doit maintenant se rendre à la Chambre civile de la Cour suprême.