Elle est à l’origine de la plainte pour “viol” déposée mercredi 27 avril au commissariat du 20e arrondissement de Paris, contre l’ancienne star de TT1 JT. La plainte porte sur des faits qui se seraient déroulés dans le bureau de Patrick Poivre d’Arvor en 1995, alors que “Mathilde”, une jeune diplômée en journalisme de 24 ans, travaillait à la rédaction de la chaîne de télévision. LA TÉLÉ. “C’est ma première conférence éditoriale sur TF1. Et puis Patrick Poivre d’Arvor entre dans la salle de conférence et me localise aussitôt. Immédiatement, son regard se posa sur le mien. “Il me dévisage et me regarde pendant la conférence d’une demi-heure”, commence-t-il.
“Mon corps était là, mais je n’étais plus là”
Invitée par l’ancien présentateur à son bureau quelques semaines plus tard, “Mathilde” explique à “Complément de la recherche” qu’”elle s’est rendue à cette rencontre en toute confiance”. Mais cela prend rapidement une autre tournure. “Au début, la discussion est tout à fait normale, selon mes souhaits dans TF1, comment je compte évoluer […]. Et soudain, comme ça, en une seconde, il me demande si j’ai un copain, si j’ai un amant. “J’avais froid, j’ai répondu ‘non’”, explique-t-il. PPDA se lève alors et fait le tour de son bureau pour l’accompagner. “Il vient s’asseoir à côté de moi, pose ses mains sur mes épaules et m’embrasse. “Il m’a secoué avec ses mains sur le tapis”, décrit “Mathilde”. Avant de poursuivre : “Mon corps était là, mais je n’étais plus là. Il a enlevé mon pantalon, a enlevé son pantalon et m’a violée […]. Je n’avais pas d’autres réflexes.” “Il m’était impossible de parler. C’est une honte à vie. “Je ne pense pas que je pourrais jamais m’en débarrasser.” – “Mathilde”, vers “Recherches Complémentaires” “Ça a duré deux minutes, pas plus de deux minutes. “Et après deux minutes, elle s’est habillée, je me suis habillée et elle a dit : “Bonsoir, à demain””, ajoute-t-elle avec enthousiasme. “Mathilde” a gardé le silence sur cet événement. “Il m’était impossible de parler. C’est une honte à vie. “Je pense que je ne pourrais jamais m’en débarrasser”, a-t-elle déclaré au début de son témoignage.
“C’était tellement violent”
Mais son histoire ne s’arrête pas là. “Il nous est simplement venu à l’esprit alors […]est descendu dans l’allée, m’a regardé, n’a pas dit bonsoir, ne m’a pas dit un mot et est venu vers moi […]. “Il a déboutonné son pantalon, m’a attrapé par les cheveux et a rapproché mon visage de son sexe”, a-t-il raconté au Complément d’Enquête. “Et je me suis battu, puis je me suis battu comme un fou. Là je ne me suis pas laissé finir car j’avais compris. C’était si violent, il n’y avait pas de mot. Et puis, quand il a vu qu’il ne travaillait pas, il s’est rhabillé, est parti, mais sans un mot. “Sans rien me dire”, poursuit-il. Pour elle, il était impossible à l’époque de prévenir qui que ce soit sur TF1. Mardi 26 avril, quelques jours avant la diffusion de cette enquête, signée Romain Verley, le « Complément d’Enquête » apprenait que le PPDA avait porté plainte au civil pour « diffamation » contre 16 femmes qui l’accusaient d’inconduite sexuelle. .harcèlement ou violences sexuelles. “Nous ne mentons pas. Nous gardons ce que nous disons. “Je suis entourée de femmes qui ont vécu des choses extrêmement difficiles”, a déclaré ce matin à France Info la journaliste Cécile Delarue. Dans un communiqué publié mercredi 27 avril, l’association #MeTooMédias, fondée par des femmes accusant PPDA de violences sexuelles, a rappelé qu’« à ce jour, 26 femmes ont saisi les autorités et 16 plaintes ont été déposées contre Patrick Poivre d’Arvor, dont sept pour “râpé”. Deux enquêtes pour viol sont actuellement en cours contre l’ancien présentateur de TF1 JT. La plainte de PPDA contre l’auteur Florence Porcel pour “diffamation” a été rejetée. Voir aussi Le HuffPost : “#MeTooPolitique : pourquoi la raison peine à se libérer”