En quelques années, la phrénotomie linguale du nouveau-né s’est généralisée, en France comme partout dans le monde. Cette chirurgie, qui consiste à couper la langue du bébé avec frénésie, a augmenté de 420 % en Australie en dix ans. La pratique est encore ouvertement recommandée dans certaines maternités “pour permettre un allaitement à la fois efficace pour le nouveau-né et indolore pour la mère”, selon un communiqué de l’Académie nationale de médecine. On ne peut que s’interroger face à l’augmentation spectaculaire de la phrénotomie du langage L’institution est sortie du silence, mardi 26 avril, pour dénoncer sa pratique et ses dérives. “On ne peut que s’interroger face à l’augmentation spectaculaire de la phrénotomie du langage. (…) Cette augmentation est d’autant plus étonnante que trois recommandations nationales et internationales récentes (…) ont conclu qu’il y a un manque d’études scientifiques de qualité poursuivre cette pratique “. A travers cette communication, l’Académie de médecine souhaite également “émettre ses plus grandes réserves” sur “l’utilité et l’innocuité de ce geste invasif” pour le soulagement des douleurs du mamelon et l’aide aux bébés, proposé par les réseaux “A prix excessifs”.
Un geste chirurgical tout sauf nouveau
La pratique de la phrénotomie linguale chez le nouveau-né est loin d’être nouvelle. Il a été largement utilisé depuis le 17ème siècle pour aider les nourrissons qui ne pouvaient pas être nourris, selon Futura Sciences. Puis l’avènement de la bouteille a réduit son utilisation, avant un retour en force ces dernières années. C’est sa généralisation qui inquiète aujourd’hui les médecins qui continuent pourtant à proposer la chirurgie dans un certain nombre de cas.