C’était un numéro d’équilibriste exécuté par Guillaume Pepy pendant quatre heures devant le tribunal correctionnel d’Evry (Essonne). Sous le feu nourri des parties civiles, l’ancien patron de la SNCF (2008-2019) a été entendu comme témoin jeudi 28 avril, quatrième jour de l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a coûté la vie à sept personnes en juillet. 2013 et fait plusieurs centaines de blessés.
Droit comme le “je” en costume sombre, l’ancien dirigeant de 63 ans a reconnu à la barre la “responsabilité morale infinie” de la SNCF, jugée jusqu’au 17 juin, tout comme SNCF Réseau et un ancien dirigeant local. . pour “homicide intentionnel” et “blessures non intentionnelles”.
Lire aussi : Cet article est pour nos abonnés Catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge : près de deux mois d’essais
Dans ses notes de cabinet, M. Pepy affirme n’avoir “pas d’avis personnel” sur la “responsabilité pénale” de la SNCF ni sur la “qualité de son intervention sur le site de Brétigny”, qu’il n’aurait pas reçus. “Aucun rapport ou information précise ” avant l’accident.
“Plus facile de blâmer le matériel que les hommes”
La voix rauque, l’ancien numéro un de la SNCF, se serait rendu sur les lieux du drame du “taxi à moto” le 12 juillet 2013, et aurait inspecté le tronçon au début du déraillement du train Paris-Limoges. à 137km/h. Devant le tribunal, il regrette d’avoir affirmé dès le début, “dans une confusion totale”, que le sinistre avait été causé par un “problème de maintenance”.
“Au fur et à mesure de l’enquête, j’ai acquis la conviction que la traçabilité n’était pas bonne à Brétigny, que l’organisation de la maintenance n’était pas optimale. Mais ce sont des éléments tristes du contexte. “Ces erreurs de travail ne remplacent pas une vérité technique, l’arbre des causes puissantes et scientifiques.”
Pour expliquer cet “accident sans précédent en France en cent cinquante ans d’histoire ferroviaire”, M. Pepy penche pour la “position” défendue par les experts mandatés par la SNCF. C’est-à-dire un “défaut métallurgique” pouvant être à l’origine du “renversement et démontage de l’éclisse”, cette pièce métallique qui assure la jonction entre deux rails.
Contrairement aux avocats, qui évoquaient des carences de maintenance, M. Pepi a salué le “scénario alternatif” créé par les ingénieurs “salariés” de la SNCF.
A lire aussi : Cet article est destiné à nos abonnés Accident de train de Brétigny-sur-Orge : le “lampiste” et la “catastrophe qui n’aurait jamais dû arriver”
“Sept des plus grands ingénieurs ferroviaires mandatés par la SNCF, des érudits qui n’ont aucune raison de mentir, ne croient pas à la cinétique du dispositif de voie proposé, en lieu et place du manque d’entretien et de surveillance”, précise-t-il. De plus, puisque le suivi a été effectué dans des conditions discutées par un jeune professionnel compétent, que cet appareil à chenilles n’a pas été perdu dans la brousse, des experts techniques nationaux ont été visités et testés. »
Il ne vous reste plus qu’à lire 39,7% de cet article. Ce qui suit est réservé aux abonnés.