Un sacré monstre de théâtre accueilli par Emmanuel Macron. Les larmes de Muriel Robin : un hommage national aux Handicapés a été rendu mercredi 27 avril à l’acteur Michel Bouquet, décédé le 13 avril à l’âge de 96 ans.
“Il a brûlé les planches et percé l’écran pendant soixante ans”, a confirmé le président, qui venait d’être réélu, lors de l’éloge funèbre quelques heures seulement après avoir fait sa première apparition publique depuis dimanche à Cergy (Val-d’oise). . “Il régnait au théâtre comme un monstre sacré (…), il a révélé des aspects insoupçonnés, il a ouvert de nouvelles violations”, a déclaré le chef de l’Etat, qui était accompagné à la cérémonie de son épouse, Brigitte.
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Accompagné d’une dizaine d’élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où Michel Bouquet était professeur, il a déposé des fleurs blanches au pied d’un portrait de l’acteur. Contrairement à ce qui avait été observé lors des récents hommages nationaux à Jean-Paul Belmondo (2021) ou Charles Aznavour (2018), le cercueil n’était pas présent, puisque M. Bouquet avait déjà été inhumé le 15 avril, avec une intimité plus stricte. dans le village de sa femme, l’actrice Juliette Carré, à Yon.
“Je suis ton père au théâtre”
Lors de la cérémonie, l’actrice a été rejointe par d’autres membres de la famille et des noms de la scène et du cinéma français, dont les acteurs Michel Boujenah, Catherine Frot, Fabrice Luchini, Pierre Arditi et Muriel Robin, qui a été l’élève de Michel Bouquet au Conservatoire. C’est elle qui a prononcé le discours le plus émouvant, se remémorant comment Michel Bouquet l’avait sauvée à un moment où elle voulait “tout arrêter”.
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“J’avais 25 ans. “Tu m’as pris au dépourvu avec quelques mots qui m’ont bouleversé : ‘Je suis ton père pour le théâtre.’ . “Votre tendresse avec pudeur ne me quittera jamais. Le roi est mourant. “Pas toi, pas toi, surtout pas toi,” ajouta-t-elle d’une voix étranglée.
“Quand tu jouais, Michelle, tu imposais, et ce qui est très rare, quelque chose qui est de l’ordre incontestable (…), personne ne pouvait te remplacer”, a déclaré M. Lucini. “Michelle, tu es le théâtre et le théâtre ne meurt jamais”, confirme Pierre Arditi. Inoubliable dans Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco – qu’il interpréta pas moins de huit cents fois – et dans L’Avare de Molière, Michel Bouquet s’éteignit le 13 avril.
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Personnages secrets
Il avait aussi marqué le cinéma en incarnant un François Mitterrand renversant le soir du Promeneur du Champ-de-Mars de Robert Guédiguian (2005). Ce rôle lui vaut le César du meilleur acteur, après celui qu’il a reçu quelques années plus tôt pour le film d’Anne Fontaine Comment j’ai tué mon père (2002).
A l’écran, il incarnera également des personnages secrets dans les films de Claude Chabrol (La Femme infidèle, 1969), interprété par François Truffaut (La Mariée était en noir, 1967) et fut un Javert magistral, qui pourchassait Jean. Valjean dans Robert Misérables de Robert Hossein (1982).
Mais c’est pour le théâtre que ce géant de la scène marqua sa préférence, faisant connaître en France l’œuvre d’Harold Pinder et se mettant au service de grands textes classiques (Molière, Diderot ou Strindberg) et contemporains (Samuel Beckett, ). , Albert Camus ou Thomas Bernhard).
Né le 6 novembre 1925 à Paris, fils d’un officier devenu prisonnier de guerre, Michel Bouquet doit son goût du spectacle à sa mère qui l’emmène régulièrement à l’Opéra-Comique. “Chaque fois que le rideau se levait, l’horreur de la guerre avait disparu, il n’y avait plus d’Allemands autour (…), le monde surréaliste était bien au-delà du monde réel. “C’était la meilleure leçon de ma vie”, avait-il confié à l’AFP en 2019.
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Le monde avec l’AFP